Installation dans l’exposition « Rhizomes Hybrides »

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Exposition « Rhizomes Hybrides » / INSTALLATION – Série Cellularium.

Structure en résine et sable. Collage de portable, acrylique, vitrail, montage sonore. L50 x H180 x P35 cm. ©2013


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Exposition « Rhizomes Hybrides » / INSTALLATION – Série Dialogue • Génopathie in process.

Structure en résine et sable. Cannettes, acrylique, vitrail, montage audio-visuel . L50 x H185 x P35 cm, 2013


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Installation « Grands Crus » à Dakar – SENEGAL

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« Grands Crus » – INSTALLATION – Disposition pyramidale de 10 fûts en chêne authentique usagés en fin de service. Positionnement sur un support noir laqué à haute réflectance. Éclairage (LED Bleu) en pied. Hauteur : 2,75 m, Largeur : 2,50 m, Profondeur 2,50 m (socle compris). En guise d’appellation pour chaque « cru » le nom d’une ethnie africaine déportée dans les colonies. © 2013. Guadeloupe.


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Critique d’une œuvre exposée à la Biennale de Dakar (Dak’Art 2014)

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UCAD – UNIVERSITÉ  CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

INSTITUT SUPÉRIEUR DES ARTS ET CULTURES

Histoire de l’art et diversité des conceptions de l’art

Titre : « GRANDS CRUS LE RETOUR »

REGARDS SUR L’INSTALLATION DE L’ARTISTE RICHARD-VIKTOR SAINSILY CAYOL

Exposée au Musée Théodore Monod accueillant les œuvres des invités du Dak’Art, l’installation de Richard-Viktor SAINSILY CAYOL dénommée« Grands crus, le retour » revêt une portée symbolique forte et fait partie des œuvres qui intriguent d’entrée de jeu le visiteur, de par son positionnement au sein de la galerie. Située en effet dans un axe privilégié du champ de vision lorsque l’on se trouve à l’entrée de la galerie, sa structure sombre composée d’un socle triangulaire supporte une série de fûts de bois cerclés de métal, entre posés les uns sur les autres à partir d’une base épousant elle-même la forme du socle équilatéral.

La disposition de ces fûts s’élevant sur trois niveaux le deuxième composé de trois fûts et le dernier n’en supportant plus qu’un, donne à l’ensemble de la structure une forme pyramidale laquelle apparait relativement massive face aux œuvres de ses commensaux proches dont les formes et dimensions mais surtout les couleurs bigarrées font contraste – sans pourtant être affadies – par cette installation quasi monochrome aux tons bruns et sombres.

D’apparence massive, ce rendu est renforcé par l’éclairage en pied, de couleur bleu roi disposé autour du socle sombre lequel par effet d’opposition semble occuper une surface plus large dans l’espace en harmonie avec la hauteur de la pyramide. Il suffit pour s’en rendre compte d’appréhender l’installation selon qu’elle est éclairée ou non. Et c’est cette masse qui dirige les pas du visiteur attiré par cette structure pyramidale chère à l’Afrique. Il peut paraitre insultant de renvoyer à l’Egypte et de prétendre expliquer que les pyramides étaient les tombeaux des pharaons.

C’est pourtant bien d’une sépulture virtuelle que traite l’installation de Richard-Viktor Sainsily Cayol. Qu’il s’agisse d’une évocation de la traite négrière, nul ne peut en douter. Aucune place n’est laissée à l’équivoque. Estampillés du nom de la Compagnie des Indes, les fûts en bois de chêne font référence aux liqueurs distillées et transportées à bord des navires, fruit du labeur éreintant d’un continent vidé d’une partie de sa force vitale. L’éclairage bleu roi répliquant avec insistance les contours du socle renvoie au commerce triangulaire. Un esprit tatillon pourrait gloser à l’infini sur le choix du bleu roi ou « bleu royal » en lieu et place du bleu marine plus évocateur de ce commerce maritime.

Certes l’effet de contraste et d’occupation de l’espace sans parler de l’harmonie de l’installation en auraient pâti.

Mais n’y a-t-il pas ici une subtile allusion à l’indicible code noir ? Et de fait l’homme est réifié. Car c’est avec indignation et stupeur que l’on voit apparaître outre la réplique de sculptures et masques africains, également apposés sur les fûts, les noms de différentes ethnies à l’origine desdites œuvres: Mandingue, Pende, Fang et les masques associés à ces dernières pour ne citer que celles-là, Yoruba et ces bronzes familiers issus de la technique de la fonte à la cire perdue…

Croyances, rites, production artistique… sépulture d’une civilisation engloutie ? Intuition d’une perte irrémédiable en tous les cas. Pourtant l’œuvre continue d’intriguer et de susciter le questionnement. « Grands crus ».

Cynisme ou dénonciation ? Constat ironique et désabusé d’une évaluation marchande ? Malaise teinté d’indignation…

Mais il faut aller plus loin et reprendre les propos du créateur : « Le retour ».

Oui, retour sous la forme d’un hommage et de funérailles. Quelles funérailles en effet que celles empruntant la sépulture pyramidale. De fait, selon les Textes des pyramides, cette figure est symboliquement un lieu de passage qui doit permettre à l’âme du défunt de rejoindre l’au-delà. Hommage surtout. Hommage de Richard-Viktor Sainsily Cayol qui témoigne de l’acceptation à part entière de ces ancêtres parties intégrantes dela richesse caribéenne prise dans toute sa diversité.

Quand on sait que le thème de « l’exposition ‘’invités’’ »portait précisément sur la diversité culturelle on ne peut que dire que l’effet est réussi, le rapprochement avec le thème de la biennale ‘’Produire le commun’’ étant ainsi réalisé, l’art ayant pour mission de rapprocher les hommes.

Djena

Étudiante en Art,  Master II  à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de DAKAR – © Septembre 2014

« GRANDS CRUS » : La réparation de l’honneur bafoué

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SENEPLUS CULTURE

GRANDS CRUS  : LA REPARATION DE L’HONNEUR BAFOUE

INSTALLATION


Baba Diop  |   Publication 03/06/2014


L’artiste-installateur guadeloupéen Richard-Viktor SAINSILY CAYOL fait partie des invités de la Biennale 2014. Sa création « GRANDS CRUS » se compose de 10 fûts de chêne authentique usagés, positionnés sur un support noir laqué éclairé au pied par une lumière bleue.  La hauteur de l’installation est de 2,70 m sur  2,50 m. Chaque tonneau porte  le nom d’une ethnie africaine déportée dans les colonies.

« Le tristement célèbre Code Noir de Colbert avait fait du nègre une marchandise, un produit, un bien meuble. Arraché de son village, déporté de son pays, stocké dans les cales de gros navires marchands conçus à cet effet, il était transporté pour être exposé, vendu et exploité jusqu’à l’avarie. » Voila le point de départ sur lequel s’adosse l’artiste concepteur Richard-Viktor l’un des invités de la Biennale Dak’Art 2014 pour son installation « Le Retour-Grands crus ».

Le message est clair. Le propos claque comme roulis de vagues sur la coque d’un navire négrier.  L’artiste plasticien guadeloupéen Richard-Viktor SAINSILY CAYOL dit qu’ « Avec le Retour en terre d’Afrique, précisément à Dakar, c’est une façon pour moi de ramener leurs âmes en les accompagnant dans leurs demeures d’origine à l’effet de mettre un terme à la zombification qui les chargent négativement dans un certain inconscient collectif encore trop répandu ». De quelles âmes parle l’artiste -installateur? Il ne décline pas les noms et pour cause,  les esclaves en fond de cale ne sont pas des individus isolés. Ils  appartiennent à une ethnie, à une aire géographique dont ils portent la marque.  Ainsi, sur  les étiquettes «  appellation contrôlée » collées aux tonneaux à vin patinés par le temps, le visiteur perçoit mieux l’arrachement de ces femmes et hommes qui emportent avec eux les lambeaux de leur appartenance sociale : Yoruba, Mandingue, Bambara, Fang etc… En fermant bien es yeux le visiteur entend dans sa mémoire  résonner  le bruit lancinants des gréements des navires à voiles dans cette douloureuse traversée.

La première réflexion à laquelle nous invite  Richard-Victor  en disposant des fûts-ethnie, estampillés Compagnie des Indes Occidentales, de manière pyramidale, sur un socle triangulaire éclairé par un  système de LED couleur bleu royal  est cette assimilation Etre humain –marchandise. Une abomination parce que chosification de l’humain. Mais ce vin contenu dans les tonneaux, c’est aussi le labeur des nègres employés dans les plantations. La deuxième réflexion étant le déni culturel ;  la troisième, l’exclusion de ces esclaves qui ont contribué à la richesse des pays impliqués dans le commerce triangulaire.

L’artiste ne fait pas dans le figuratif, il s’adresse directement à notre intellect. Ce triangle d’une luminosité étrange, les noms des ethnies, les tonneaux à vin, les traces du temps sur le bois de chêne nous remet mentalement  dans les mêmes conditions de voyage en fond de cale ou tout au moins nous pousse  à penser à  la souffrance de la traversée, aux difficiles conditions de vie dans les plantations. Il s’agit assurément d’une œuvre de dénonciation,  accusatrice même si l’artiste s’en défend en mettant plus  en avant la « contribution par le truchement de l’art, à la prise de conscience de ce que signifiait la notion de marchandise, de bien meuble, de bien de consommation institutionnalisée par le système de la traite négrière » une œuvre réparatrice d’injustice qui raconte  la traite négrière plus que ne que ne s’aurait le faire un livre. Exposition à voir au Musée place Soweto pour cette dernière semaine de la Biennale Dak’art.