Rhizomes hybrides ou la poïétique d’un syncrétisme

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« L’art rhétorique »

Christian Antourel et Ysa de Saint-Auret

D’une modernité mélangée d’héritage, Richard-Viktor Sainsily Cayol nous parle d’un fruit de racines multiples, de mélanges d’influences qui aboutissent à la création ultime : « La plus belle performance humaine : un syncrétisme »

Son œuvre apporte une ivresse du regard. Diversités, fantaisies mises à mal des langages de la plastique. Il donne à voir une brillance, un style unique et une forme de démesure, dans des postures d’absence et de fixité. Finalement, c’est du gâteau, beau, accessible, bien ficelé et juste assez étrange, pour titiller le spectateur trop rigide. Un art de l’intelligence et de l’exploit formel un art qui surmonte naturellement des contraintes formidables, c’est d’abord ça. Mais cette prouesse, plus subtile encore, laisse flotter dans l’air une part de mystère sucré, impossible à cerner, une ambiance d’énigmes mathématiques, des sous entendus, du sous- texte, vu dans le sens de l’émotion, pensée dans le registre de la nuance qu’il revisite avec une pertinence et un sens de l’actualité qui laisse pantois. Car son monde est parfaitement en adéquation avec la « Schizofrénésie» mise en scène. Monde à l’agonie où le haut-le-cœur le dispute en intensité à la philosophie. L’artiste adapte avec une efficacité scénique et picturale redoutable le roman de la vie sans cesse renouvelée et signe un spectacle remarquable.

Une ambiance étrange, libellée d’espièglerie.

A partir de matières d’aujourd’hui et de matériaux d’avant-hier, éléments qui transforment le réel et se transforment en ouvrages étrangers à ce que l’on a coutume de connaitre et de voir. Il en est ainsi de « Génopathie-in-process » de « Dialogue-Cellularium » sorte d’humanoïdes génétiquement modifiés, malades sans doute d’avoir trop consommé. Reflet d’une société, la notre passée au crible d’un regard d’artiste conscient et médusé, dénué d’agressivité apparente mais fort d’une richesse de culture mélangée, hybride. Ici point de doute. L’abstraction côtoie le figuratif avec bonheur sur la base de supports aussi variés que le métal vissé, cousu, le papier, l’incrustation vidéo le tissus, la céramique. Cette créativité, nous fait pénétrer une ambiance étrange, libellée d’espièglerie bavarde ; faite d’œuvres aussi hétéroclites, que le titre de son expo est la quintessence d’un constat aiguisé. Par la couleur ? Assurément, même quand le travail du coloriste, sa trichromie de rouges de jaunes, de bleus et autres verts tire souvent vers une vue d’ensemble brunâtre nous ne savons que trop la pathologie qui s’étend dans la transparence de ces formes recomposées : La problématique, un engouement étrangement oppressant des surplus dans les sociétés occidentales.

Notre avis

Sous l’impulsion directive de l’artiste, un alphabet voit le jour, un magma de fragments et de séquences se construisent comme un puzzle. Il parvient ensuite à faire apparaitre une grammaire en disséquant et en retravaillant la combinaison de tous les éléments. Les contraires dialoguent entre eux : l’équilibre et le déséquilibre, la dissociation et l’association, l’apparition et la disparition. Il met en effervescence les évidences génétiques, cherche le sens de l’existence et aime cette sensation empirique d’affiner le travail. Répondre à cette nécessité représente un chemin pour sa créativité. Bref, son bonheur est multiforme.

Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret

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